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Cornouaille Écologie
Trois actions simples pour devenir un héros anti-gaspi !
Lorène Lavocat (Reporterre)
mis en ligne le 22/07/18 par Reunig Kozh

Les chiffres du gaspillage alimentaire à l’échelle de la planète sont édifiants. Pourtant, chacun et chacune peut lutter contre ce fléau. Reporterre propose trois moyens simples et ludiques pour aller dans la bonne direction.

Près d’un tiers des terres cultivées dans le monde servent à produire de la nourriture… qui finira à la poubelle. Rien qu’en France, chaque foyer jette 20 kg de nourriture encore consommable chaque année. Ces chiffres donnent le tournis, mais heureusement, il n’est pas trop tard pour s’y mettre. Chacun peut, à son échelle, lutter contre le gaspillage alimentaire. Reporterre présente trois gestes simples et accessibles à tous pour moins gâcher.

Car, pas besoin d’aller fouiller dans les poubelles des supermarchés pour devenir un héros de la lutte anti-gaspi (même si ça marche aussi). On peut commencer, tout simplement, par mieux gérer son frigo. Qui ne s’est jamais fait avoir par des restes abandonnés au fond de son réfrigérateur, qui finissent directement à la poubelle ? Une des solutions s’appelle Frigo Magic. Il ne s’agit pas d’un nouveau robot électroménager ultrapuissant, mais d’une application créée en 2015 par deux Rennais.

Le principe est simple : vous cochez parmi les 260 aliments répertoriés par l’appli ceux qui se trouvent dans votre frigo ou votre placard, vous cliquez… et magie, magie l’application vous propose plusieurs recettes avec ces produits. Il y aurait 500.000 préparations possibles.

Par exemple, à partir des deux courgettes flétries, d’un yaourt (presque) périmé, d’une gousse d’ail et d’un sachet de cacahuètes, l’appli propose un délicieux tartare de légumes, à servir dans des verrines individuelles. Parmi les autres recettes surprenantes, le crumble de tomates fait avec des chips, ou le camembert rôti aux corn flakes.

Le frigo communautaire de Limoilou, à Québec.

Une fois qu’on a mis de l’ordre dans son frigo, on peut se rapprocher de ses voisins de quartier pour créer… un frigo solidaire. L’idée est née il y a quelques années à Berlin, et il y en a aujourd’hui dans une dizaine de villes françaises, comme Paris, Lille, Montpellier, Marseille, Strasbourg. Reporterre avait présenté cette initiative en plein essor au Québec.

Vous prenez là encore un frigo, que vous installez dans une boutique, à l’entrée d’une maison pour tous, dans un parc. Peu importe le lieu, pourvu que vous puissiez le brancher. Et c’est tout ! Enfin presque… à partir de là, chacun peut venir y déposer ou prendre de la nourriture. Les commerçants y laissent leurs invendus, les restaurants apportent des pizzas ou des desserts, les particuliers qui partent en vacances y vident leurs placards. Et d’autres personnes viendront les récupérer.
Côté festif et convivial

Comme le frigo est en libre-service, accessible à tous anonymement… n’importe qui peut venir y chercher un morceau de pain, une part de pizza ou quelques fruits pour compléter son repas. Mais ce sont souvent des gens dans le besoin qui viennent s’approvisionner. Des personnes âgées, des familles en difficulté ou des étudiants.

Peu de risque d’intoxication, car dans la plupart des cas, la viande, le poisson, les plats déjà entamés et l’alcool sont interdits. Et bien sûr, que vous déposiez ou preniez un aliment, il faut toujours vérifier que la DLC, la date limite de consommation, n’est pas dépassée.

Et pour sensibiliser un maximum de monde au gaspillage alimentaire, tout en s’amusant, il y a un outil magique, venu, là encore, de Berlin en 2012 : la Disco Soup. Non, il ne s’agit pas de se déguiser en légume et de danser sur un tube de Madonna.

Les Disco Soup sont des fêtes anti-gaspi. On se retrouve à plusieurs, dix, trente, cent, mille, et on cuisine une grosse soupe à partir de légumes récupérés, puis on la déguste ensemble, le tout en musique et dans la bonne humeur. On peut même faire des versions Disco Salade ou Disco Smoothie l’été.

En effet, beaucoup de fruits et de légumes sont jetés, tout simplement parce qu’ils ne sont pas beaux. Ils sont abîmés ou ils n’ont pas la bonne taille, la bonne couleur. Bref, les clients exigeants que nous sommes n’en veulent pas, même si leur goût reste souvent intact. Lors d’une Disco Soup, les organisateurs récupèrent donc ces « rebuts » auprès des producteurs, sur les marchés ou dans les commerces… et cuisinent des plats succulents. Le côté festif et convivial attire beaucoup de monde, notamment des personnes qui ne connaissent pas le gaspillage alimentaire.

Et cerise abîmée sur le gâteau, c’est facile à organiser ! Il suffit d’être un petit groupe — entre collègues, entre amis, entre voisins — et de se rendre sur le site discosoupe.org, pour télécharger son kit d’organisation. Tout y est expliqué, même les quelques règles à respecter, les « discommandements » : une Disco Soup doit être gratuite ou à prix libre, et ne pas être liée ni à une entreprise ni à un parti politique.

Et ça marche vraiment bien. En un an, une centaine d’événements ont été organisés en France, 42.000 repas cuisinés. Lors d’un de ces festins de la récup’, vous pourrez ainsi déguster un taboulé avec des tomates de toutes les couleurs, ou un smoothie banane kiwi fraise… le tout en écoutant une fanfare. Autant d’aliments délicieux qui ont fini dans nos estomacs plutôt que dans la poubelle !

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