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Cornouaille Écologie
Pollution lumineuse : et si on éteignait les lampadaires la nuit ?
Ouest-France 11/3/2019
mis en ligne le 11/03/19 par Reunig Kozh

Le gouvernement a reculé sur le projet d’éteindre l’éclairage public durant la nuit, une mesure pourtant adoptée par 12 000 communes dans un but économique, mais aussi écologique. Il a cédé devant les questions de sécurité.

« Les seuls qui grognent sont les personnes âgées parce que les lampadaires n’éclairent plus gratuitement leur pas-de-porte ! » Le conseil municipal de Cendras, 2 000 habitants dans le Gard, vient de boucler son programme d’extinction de l’éclairage public

en milieu de nuit – couplé au remplacement des ampoules par des LEDS et à de nouveaux lampadaires qui n’éclairent qu’au sol. Et « l’extinction n’a pas créé de peur pour la sécurité », assure la municipalité.

« Nous n’éteignons pas la totalité de la commune : dans le centre historique, sur les cheminements piétons, nous baissons la puissance de la lumière à partir de 22 h jusqu’à 20 % à 23 h. L’œil s’adapte. Ailleurs, on éteint totalement, mais progressivement, jusqu’à environ 5 h 30 en fonction de la durée de la nuit. »
Pas plus de délinquance

Même son de cloche dans d’autres communes du département en train de franchir le pas : Valleraugue, Lanuéjols… Dans le Morbihan, Lanester (22 000 habitants), qui pratique l’extinction nocturne depuis 2017, a demandé à la police nationale de comparer les chiffres de la délinquance : « Il n’y a pas de lien tangible entre les coupures d’électricité et les faits de délinquance », a rapporté la maire, Thérèse Thiéry.

La mesure comporte quelques avantages non négligeables : 80 000 euros d’économie annuelle pour Saumur (Maine-et-Loire, 27 000 habitants), ville pionnière depuis 2012 : « On éteint toute la ville à 1 h du matin. À cette heure-là, en hiver, 99 % des gens sont rentrés chez eux », argumente Jackie Goulet, le maire. « Avec des subventions qui peuvent atteindre jusqu’à 80 % des budgets, c’est un retour sur investissement possible en cinq à sept ans », assure Xavier Wojtaszak, délégué territorial du parc national des Cévennes, fin connaisseur du sujet.

L’extinction nocturne contribue aussi à lutter contre les nuisances lumineuses, « les troubles excessifs aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l’observation du ciel nocturne », stipule un arrêté du 27 décembre 2018, très attendu, qui fixe enfin de vraies règles sur la pollution lumineuse.
Les insectes disparaissent

La disparition des insectes comme les coléoptères et les chauves-souris (38 % en dix ans), est largement attribuée à la pollution lumineuse, qui a doublé en vingt-cinq ans. La présence d’une lampe la nuit, surtout de couleur blanche et froide, perturbe les cycles de repos. Et les Français s’en montrent de plus en plus conscients : selon l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (ANPCEN), 79 % des Français sont pour la réduction de l’éclairage nocturne.

Pourtant, l’arrêté gouvernemental, qui oblige à éteindre un certain nombre de lieux la nuit, ne prévoit rien pour l’éclairage public. « Nous regrettons la disparition des mesures initialement prévues », dénonce Anne-Marie Ducroux, présidente de l’ANPCEN pour qui « réduire la durée d’éclairement la nuit est la première mesure à prendre pour lutter contre la pollution lumineuse, sans coûts publics ».

« L’éclairage public a été exclu des dispositions d’extinction car il pourrait faire obstacle à la responsabilité du maire en cas d’accident, justifie le ministère de la Transition écologique et solidaire. Nous avons considéré que le choix d’éteindre relevait de la décision du maire. »

Une décision prise sous l’amicale pression de l’Association des maires de France qui ne voulait pas d’extinction imposée, jugée « trop brutale ». Le texte laisse ainsi de la marge aux élus, tout en les sensibilisant, et les incite à déclencher une réflexion locale, tout en faisant de la pédagogie auprès de la population.

Les communes veulent avancer avec prudence, en prenant le temps. En effet, comme le reconnaît un élu de Lanuéjols, « l’éclairage public la nuit, dans l’esprit des habitants, reste encore un marqueur de la modernité et de la sécurité ».

Voir en ligne : https://www.ouest-france.fr/environ...

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