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Cornouaille Écologie
Ecologie, climat : l’effondrement n’est pas inéluctable
Tribune // Le Monde 16 août 2019
mis en ligne le 21/08/19 par Reunig Kozh

La panique de la collapsologie est tout aussi paralysante que les doutes des climatosceptiques, affirment six chercheurs qui plaident dans une tribune au « Monde », pour une mobilisation concertée alliant militance citoyenne, décideurs politiques et entreprises.

Certes, un effondrement est possible ; mais, non, il n’est pas certain. Ses zélateurs peuvent le qualifier d’imminent, affirmer qu’il surviendra dans quelques décennies, sans toujours préciser ce dont il s’agit. En vérité, il n’y a sans doute pas un mais des effondrements partiels dont l’accumulation finirait par rendre impossible une vie humaine décente.

Or rien n’est inéluctable. Les exemples sont nombreux où des humains, conscients de situations dramatiques, agissent pour rétablir la situation et limiter les conséquences prévisibles de leurs erreurs.. Le Japon de l’ère Tokugawa, au XVIIe siècle, a échappé à la déforestation de l’archipel grâce à une politique volontariste. La croissance du trou de la couche d’ozone, principal problème environnemental planétaire il y a une trentaine d’années, a été stoppée ; si nous restons vigilants, ce problème devrait être résolu vers 2060. Le Rhin, gigantesque égout à ciel ouvert il y a trente ans, est aujourd’hui dépollué de la source à l’embouchure.

Dans ces deux derniers cas, la « trilogie de la gouvernance » a fait merveille. Se sont associés des militants d’ONG – lanceurs d’alerte, témoins de la pertinence des actions entreprises –, des responsables d’Etat et d’agences internationales, qui ont orienté durablement des politiques publiques, et enfin des industriels, qui ont mis leurs capacités de financement et d’innovation au service de l’intérêt général.

Deux perspectives radicalement différentes s’offrent

Nous sommes aujourd’hui confrontés au plus grand problème environnemental de l’histoire humaine : le dérèglement climatique, qui aggrave la destruction en cours des écosystèmes naturels. Face à ce défi, deux perspectives radicalement différentes s’offrent.

La première pousse à l’extrême la stratégie de communication catastrophiste, pensant que c’est le meilleur moyen de faire évoluer mentalités et comportements. Or les recherches en sciences sociales révèlent que si ce type de communication augmente la prise de conscience, elle diminue, en général, l’engagement comportemental. Le climatologue Michael Mann écrit : « Si le changement climatique est un canular (comme l’a affirmé le président Trump) ou s’il échappe à notre contrôle (comme le dit McPherson [qui prédit la possible extinction de l’humanité vers 2030]), il n’y a évidemment aucune raison de réduire les émissions de carbone. (…) Il est encore temps d’éviter les pires résultats, si nous agissons vigoureusement, non à partir de la peur, mais de la confiance que l’avenir est largement entre nos mains »(« Doomsday scenarios are as harmful as climate change denial », Michael Mann, Susan Hassol et Tom Toles, Washington Post, 12 juillet 2017).

La seconde perspective invite chacun de nous à agir à sa place, depuis le plus humble citoyen jusqu’aux plus hauts décideurs politiques, financiers et industriels. Elle nous invite à une double lucidité autant sur les risques écologiques majeurs qui nous menacent si nous n’agissons pas maintenant, que sur la force de résilience de l’humain et de l’ensemble du vivant.

Nous avons besoin d’une orientation déterminée et vigoureuse

Au niveau des décideurs, il est grand temps de tout mettre en œuvre pour financer la transition écologique. L’argent ne manque pas et différentes solutions techniques ont été proposées. Nous avons surtout besoin d’une orientation déterminée et vigoureuse des instruments et des normes économiques et financiers mobilisant les entreprises vers une économie bas carbone, et accompagnant une transition sociale qui sera difficile. La réduction de la place des énergies fossiles dans notre économie est contraire à certains intérêts. Les pouvoirs publics doivent agir avec réalisme et fermeté.

Au niveau des citoyens, faisons connaître les multiples expériences de terrain qui confirment les résultats de nombreuses recherches en psychologie, en particulier les travaux du psychologue américain Tim Kasser : les personnes qui épousent une conception relationnelle de l’existence sont nettement plus heureuses que celles qui s’enferment dans une vision matérialiste et individualiste du monde.

Loin de tout romantisme mièvre, c’est l’expérience concrète de l’amour de la vie, la tendresse partagée entre nous et avec notre environnement – bien plus que la panique face à la fin du monde – qui invitent à agir. Seule la soif d’un monde plus humain peut nous donner l’énergie collective nécessaire à l’invention d’une sobriété heureuse et nous sortir de notre fascination morbide pour l’accumulation de nos déchets. Cet amour peut et doit être exigeant. Le temps presse.

Geneviève Ancel, cofondatrice des Dialogues en humanité ; Isabelle Delannoy, dirigeante fondatrice de DO Green - Economie symbiotique ; Gaël Giraud, professeur à l’Ecole nationale des ponts et chaussées ; Alain Grandjean, président de la Fondation Nicolas Hulot ; Jean Jouzel, directeur de recherche émérite au CEA et membre de l’Académie des sciences ; Jacques Lecomte, président d’honneur de l’Association française de psychologie positive

Voir en ligne : https://www.lemonde.fr/idees/articl...

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