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Cornouaille Écologie
Cours d’eau : ça bloque tous les six kilomètres
Libération // Par Aurélie Delmas, infographie Christelle Perrin — 13 février 2020
mis en ligne le 13/02/20 par Reunig Kozh

Les nombreux cours d’eau français sont coupés par des milliers d’ouvrages – barrages, moulins ou autres – réalisés par l’homme et souvent inutilisés. Une fragmentation aux conséquences écologiques importantes.

Barrages, écluses, moulins… les cours d’eau en France sont barrés d’obstacles tous les six kilomètres en moyenne et cela perturbe leur fonctionnement naturel. C’est le constat que fait un indicateur reposant sur des données de l’Agence française pour la biodiversité et relayé au printemps 2018 par l’Observatoire national de la biodiversité (ONB). Historiquement, ces ouvrages ont recouvert différentes fonctions, allant de la navigation à l’alimentation en passant par l’irrigation et la production d’électricité. Mais « moins de la moitié de ces ouvrages auraient encore un usage aujourd’hui », souligne l’ONB.

Sans tenir compte des cours d’eau artificiels comme les canaux, on estime à 120 000 le nombre total d’obstacles mais seulement 101 820 sont aujourd’hui répertoriés. Sur ce nombre, 195 sont des grands barrages. Bien qu’incomplet, ne détaillant le nombre et la typologie des ouvrages et ne permettant pas de mesurer l’évolution dans le temps, cet indicateur permet néanmoins de mettre en avant la fragilisation d’un milieu naturel par ce type de constructions. Le code de l’environnement interdit d’ailleurs la création de ce genre d’obstacles sur les cours d’eau classés afin de respecter la continuité écologique.

Concrètement, les données de l’ONB montrent que, sur 100 kilomètres de cours d’eau en métropole et dans les départements d’outre-mer, on compte en moyenne 17 obstacles, soit un tous les six kilomètres. En prenant en compte les grands fleuves comme les petits cours d’eau, c’est dans le nord et l’est, sur le Rhin supérieur et la Seine aval que la fragmentation est la plus importante : autour de 60 ouvrages pour 100 km. La Nouvelle-Aquitaine, qui a mené une étude détaillée sur sa propre situation, compte 21 obstacles tous les 100 kilomètres dont la moitié sont des seuils (ne dépassant pas les berges), un quart sont des barrages (dépassant le lit mineur), 18% sont « des obstacles induits par des ponts », et 1,5% sont des digues, des épis ou des grilles de piscicultures.


Un problème de circulation des espèces

Ces obstacles gênent plus ou moins le cours naturel des ruisseaux et des rivières. Un barrage infranchissable de plusieurs dizaines de mètres de haut aura bien sûr des conséquences plus graves qu’un épi de chenalisation, qui permet de contraindre l’écoulement de l’eau. Mais les modifications altèrent forcément les habitats aquatiques, et donc la survie d’espèces animales et végétales.

Le document s’arrête sur plusieurs types d’impact : la modification du débit, l’eutrophisation (modification des éléments nutritifs) et l’influence sur les migrations des poissons. En effet, le ralentissement de l’écoulement peut influencer la température de l’eau. Réaction en chaîne possible : les algues prolifèrent et la teneur en oxygène diminue. Le prélèvement d’eau peut avoir d’autres conséquences, par exemple la baisse du niveau minimal du débit (étiage) et la modification de la sédimentation.

A l’inverse, un barrage peut augmenter la hauteur de l’eau, ce qui va noyer les berges. Enfin, les conséquences sur les animaux sont bien entendu capitales car les obstacles peuvent gêner le déplacement de certaines espèces et leur reproduction. Dans certains cas, c’est la diversité génétique qui est en jeu. Les obstacles sont particulièrement problématiques pour les poissons migrateurs, comme les anguilles ou les saumons, dont les effectifs ont considérablement diminué au cours du siècle dernier. Ainsi, tous les obstacles « modifient […] potentiellement les conditions hydrologiques, physico-chimiques et morphologiques », résume l’ONB.

Aussi la question se pose-t-elle parfois de détruire ces obstacles afin de restaurer les écosystèmes, provoquant de vifs débats localement. Dans la Manche, deux barrages sur la Sélune, de 16 et 36 mètres de long et 15 mètres de haut, doivent disparaître (le chantier a été lancé en juin 2019). C’est le plus grand projet de ce type en Europe et le suivi scientifique de la démolition sera une première en France où « aucun cas d’étude d’enlèvement de barrage n’a été véritablement documenté jusqu’à présent », explique l’Agence française de biodiversité.

Voir en ligne : https://www.liberation.fr/terre/202...

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