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Cornouaille Écologie
Quimper à vélo. Ces images font froid dans le dos [Vidéo]
Le Télégramme 31 mai 2018
mis en ligne le 31/05/18 par Reunig Kozh

Patrick Troglia, 43 ans, filme tous ses déplacements à vélo, de son domicile à Pluguffan à son lieu de travail quimpérois. Véhicules qui lui coupent la route, camions qui le tassent, automobilistes qui l’interpellent... Ce natif du Sud-Ouest conserve tout pour témoigner des difficultés des cyclistes.

Que l’on ne s’y méprenne pas, Patrick Troglia est un amoureux de la petite reine. Et sa perception du comportement des automobilistes dans la capitale de Cornouaille est plutôt bonne. « La majeure partie est patiente, mais certains sont malheureusement inconscients. Même des mères de familles avec leurs enfants à l’arrière. Ils mettent la vie des autres automobilistes qui arrivent en face en danger en doublant n’importe comment. Et la mienne. J’ai parfois l’impression de jouer à la roulette russe. Pour l’instant ça passe, mais jusqu’à quand ? ».

Originaire de Montauban, Patrick a opté pour le vélo comme véhicule principal à son arrivée à Paris. « De la place d’Italie à la Bastille, le vélo me semblait le plus pratique, le plus rapide et le plus agréable. Pour le stationnement aussi. Avec mon vélo cargo, je transportais mes deux enfants, mes courses. Mais tout n’était pas idéal, c’est l’enfer là-bas pour les cyclistes. Il y a des agressions quotidiennes, des poussettes, des intimidations par les conducteurs de scooters ou les taxis. Tout ça pour gagner quelques secondes. J’ai failli en venir aux mains ».
« Elle me rassure »

En 2013, un automobiliste lui coupe la route, lui finit sur le capot. Le déclic. « J’ai eu de la chance qu’il s’arrête, mais d’autres ne le font pas. Je me suis dit qu’il me fallait une caméra, que c’était la meilleure façon d’avoir une trace en cas de problème. Depuis que je l’ai, elle me rassure ».

Sa caméra l’a suivi à Quimper en septembre dernier lorsqu’il a été nommé professeur de biochimie au lycée Chaptal. Pas question de venir en voiture de Pluguffan. Chaque jour, il parcourt donc plus de 14 km à vélo. Et jusqu’à 200 km par mois.

Il « ose » même emprunter le bout de voie rapide autorisée pour les vélos, qui va du rond-point du Lududu à la sortie Pluguffan centre. « J’y suis d’ailleurs souvent klaxonné, mais c’est autorisé. Et je m’y sens plus en sécurité que sur le reste de la route, qui est bien plus étroite ».
La vitesse en cause

Avec un premier constat : « Le comportement des automobilistes est moins agressif ici que dans le Sud-Ouest ou à Paris. Ils acceptent de patienter derrière un vélo ». Ce qui ne l’empêche pas de pointer le problème de la vitesse. « De la sortie Pluguffan centre à l’entrée de Pluguffan, c’est limité à 70 km/h. Mais les conducteurs sont plutôt à 100. Il y a comme un sentiment d’impunité. Et ils me doublent alors qu’un véhicule arrive souvent en face. Ils n’hésitent pas, surtout le soir ».

Patrick conserve les enregistrements des principaux incidents : un dépassement dangereux, un camion qui le coince, un automobiliste qui lui coupe la route, une portière qui s’ouvre... « Pour montrer les dangers que l’on subit. Regardez ce camion sur la montée de la route de Pont-l’Abbé, si je ne freine pas, je suis dessous. Il a failli me tuer ».

Comme l’association dont il est membre, Kernavélo, il peste sur le manque d’infrastructures pour les vélos. « Cela dit, je ne m’attendais pas à en voir autant par rapport au nombre de cyclistes, mais je comprends que certains n’osent pas le vélo. Les routes sont pourtant larges pour en réaliser. J’ai l’impression qu’on attend un accident ». Il n’oublie pas les ronds-points. « Très dangereux. Je n’ai trouvé qu’une solution, la vitesse. J’arrive assez rapidement pour le prendre ».

Ses incidents les plus chauds sont conservés. Au cas où, s’il y a nécessité de témoigner. Il a d’ailleurs quelques sueurs froides en les visionnant. « Je trouve certains comportements criminels, emplis de mépris pour le cycliste. Je mérite, nous méritons une place sur la route. Il y a un manque d’éducation au vélo ».

Patrick Troglia évite de montrer les vidéos à sa famille. « Parce que le vélo, ce n’est pas que du risque, je ne tiens pas à effrayer mes enfants. Le vélo, c’est du plaisir avant tout, la liberté ».

Voir en ligne : http://www.letelegramme.fr/finister...

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