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Cornouaille Écologie
Culture du chanvre pour l’alimentation
Le Télégramme 26/6/18
mis en ligne le 27/06/18 par Reunig Kozh

Installé à Pont-Aven, l’agriculteur bio Philippe Loussouarn cultive désormais le chanvre pour l’alimentation. Avec les graines, il fabrique de l’huile et de la farine.

Sur les terrains de cet ancien céréalier minotier bio, qui travaillait sa farine à l’ancienne, tout est pimpant. Ce mardi, conduits par le président André Fidelin et le vice-président à l’économie Michel Loussouarn, les élus communautaires ont visité l’installation de cet agriculteur très particulier. Car abandonnant la minoterie, Philippe Loussouarn s’est tourné vers la culture du chanvre à titre alimentaire. « Pas du chanvre pour faire de l’isolation ou de la moquette », disait-il aux élus. Et encore moins du chanvre pour faire de la moquette à fumer… Durant près de deux heures, les élus ont découvert, sous le soleil et avec beaucoup de plaisir, une nouvelle activité agricole. Ils se sont surtout réjouis d’avoir donné un petit coup de pouce à cet agriculteur en lui concédant une avance remboursable pour investir dans du matériel. Et en goûtant les crêpes et pâtisseries confectionnées avec la farine de chanvre, et quelques rondelles de concombres assaisonnées avec l’huile de chanvre, ils semblaient tous conquis.

En période de test

Actuellement, la production de farine et d’huile à partir des graines de chanvre « est en période de test ». D’autant plus que cette filière, plus ou moins artisanale, est totalement nouvelle : « À ma connaissance, nous ne sommes que deux dans le Finistère à faire cela », estimait ce mardi l’agriculteur. Autant dire que c’est tout un monde nouveau qui s’ouvre du côté de Pont-Aven. Mais tout est déjà contrôlé pour récupérer les graines puis les presser pour obtenir l’huile avant de les passer à la meule pour faire la farine. Les procédures de culture bio et de fabrication de la farine et de l’huile sont au point. Des restaurateurs, crêpier et pâtissier ; voire chocolatier de Pont-Aven ou Trégunc, travaillent déjà avec cette huile ou cette farine de chanvre bio des plus prometteuses par ses qualités. « Il faut une qualité constante », soulignait bien Philippe Loussouarn qui disait que « c’est le secret de la réussite ».
Pas question, effectivement, de changer la nature d’un produit quand il est utilisé en cuisine par un professionnel qui doit toujours pouvoir s’appuyer sur la même qualité.

« Un salaire décent »

Quinquagénaire et céréalier minotier depuis 2003 et dans le bio depuis 2007, Philippe Loussouarn dispose d’environ 25 hectares de terres. Des terres propres et toujours entretenues dans l’esprit bio : « Le ver de terre est le meilleur ami du jardinier », assurait l’agriculteur. Une partie de ses terres cultivables se trouvent autour de sa ferme de Luzuen à Pont-Aven. Une dizaine d’hectares est disponible à Rosporden. Pour la rotation des cultures - pas question d’utiliser des produits chimiques et seuls les engrais verts et le compost ont droit de cité à la ferme -, Philippe Loussouarn cultivera environ cinq hectares de chanvre par an. Avec l’intention d’en faire son activité principale, il pense « récolter environ 700 kg de graines de chanvre à l’hectare, permettant de presser à la ferme environ 150 litres d’huile et de faire le reste en farine ». Car « avec le chanvre, tout est utilisable ». Sans avoir de visée industrielle, l’agriculteur est persuadé de « retirer un salaire décent avec l’huile et la farine de chanvre ». Il commence déjà à avoir son réseau de professionnels séduits par les très hautes qualités culinaires - et le petit goût de noisette -, des produits.

« Encourager ce type d’agriculture »

Lors du conseil communautaire du 5 avril 2018, les élus de CCA ont voté l’attribution à Philippe Loussouarn d’une avance remboursable d’un montant d’environ 7 400 € pour investir dans le matériel. « Notre rôle, rappelait ce mardi André Fidelin, président de CCA, est d’encourager ce type d’agriculture ». Tous les élus présents en convenaient. Pour Michel Loussouarn, vice-président de CCA en charge de l’économie : « La consommation de viande diminue chaque année. Ce type d’agriculture qui travaille de nouveaux produits naturels ; comme la spiruline ou encore ce que fait Philippe Loussouarn a vraiment de l’avenir ». Quant à l’agriculteur Philippe Loussouarn, il estimait aussi qu’un des buts de sa démarche était « de faire comprendre à tout le monde que l’on peut gagner sa vie en travaillant la terre autrement ».

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